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Airbnb, copropriété et loi Le Meur

Publié par Loic Filly le 16 avril 2026

Temps de lecture 3 min

Une décision clé du Conseil constitutionnel

 

Le cadre juridique de la location courte durée continue d’évoluer — et la décision rendue le 19 mars 2026 par le Conseil constitutionnel marque un tournant important pour les exploitants et investisseurs en location saisonnière.

Au cœur du sujet : la possibilité pour une copropriété d’interdire les locations de type Airbnb.

 

Une interdiction validée… mais encadrée

 

Le Conseil constitutionnel a validé la conformité à la Constitution des dispositions issues de la loi Le Meur, permettant aux copropriétés d’interdire la location saisonnière à la majorité qualifiée des 2/3.

Mais cette possibilité n’est pas générale, elle est strictement encadrée. 

Trois conditions cumulatives sont rappelées :

 
1. Un règlement de copropriété déjà restrictif

L’interdiction ne peut être votée que dans les copropriétés dont le règlement interdit déjà les activités commerciales dans les lots d’habitation.

👉 Autrement dit, si votre immeuble autorise les activités commerciales, cette interdiction sera difficilement applicable.

 
2. Une cible précise : les résidences secondaires

La mesure ne concerne que :

  • les lots à usage d’habitation
  • ne constituant pas la résidence principale

👉 Les résidences principales restent donc, en principe, protégées.

 
3. Une application uniforme

Si l’interdiction est votée, elle s’applique à tous les copropriétaires, sans distinction.

Pas de traitement au cas par cas.

 

Une nouveauté importante introduite par le Conseil constitutionnel

 

C’est le point le plus intéressant — et le moins attendu.

Le Conseil constitutionnel ajoute une condition qui ne figurait pas explicitement dans le texte :

👉 la possibilité de revenir sur l’interdiction à la même majorité des 2/3

Concrètement :

  • Avant : suppression potentielle → unanimité
  • Maintenant : suppression → majorité des 2/3
 

Une avancée… mais à relativiser

 

Sur le papier, cette évolution est favorable aux exploitants.

Elle introduit une forme de réversibilité dans les décisions de copropriété.

Mais dans la pratique :

👉 une copropriété qui a voté une interdiction a généralement une position claire et structurée contre la location courte durée.

Il est donc :

  • peu probable qu’elle revienne en arrière
  • même avec une majorité plus accessible
 

Ce que cela change concrètement pour les investisseurs

 

Cette décision renforce une réalité déjà présente :

👉 le risque réglementaire en copropriété devient central dans les stratégies d’investissement.

Avant d’exploiter un bien en location saisonnière, il devient indispensable de :

  • analyser le règlement de copropriété
  • vérifier les usages autorisés
  • anticiper les équilibres de vote en assemblée
 

Vers une professionnalisation du secteur

 

Cette décision s’inscrit dans une tendance de fond :

👉 encadrer davantage la location courte durée
👉 professionnaliser les opérateurs
👉 sécuriser les copropriétés

Pour les acteurs structurés, c’est aussi une opportunité :

  • meilleure sélection des actifs
  • barrières à l’entrée plus fortes
  • concurrence moins opportuniste
 
En conclusion…

La décision du 19 mars 2026 ne bouleverse pas le marché, mais elle en confirme l’évolution :

👉 la location saisonnière n’est plus un usage “toléré”, mais un usage régulé et encadré.

Pour les investisseurs comme pour les opérateurs, la clé reste la même :

anticiper le cadre juridique avant d’investir.

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