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Taxe d’habitation et CFE en 2026 : ce que les loueurs Airbnb doivent absolument comprendre

Publié par Loic Filly le 20 avril 2026

Temps de lecture 3 min

Fiscalité des locations meublées : de nouvelles exonérations en 2026, sous conditions

 

En 2026, la fiscalité des locations meublées de courte durée connaît une nouvelle évolution, avec des conséquences directes pour les propriétaires. Longtemps perçue comme un levier d’optimisation, la location type Airbnb s’inscrit désormais dans un cadre fiscal plus exigeant, où la distinction entre usage personnel et exploitation économique devient centrale.

 

Une double imposition souvent méconnue

 

Ces dernières années, de nombreux loueurs ont été confrontés à une situation inattendue : la coexistence de deux impôts.

D’une part, la cotisation foncière des entreprises (CFE), due dès lors que l’activité de location meublée est exercée de manière habituelle. D’autre part, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS), qui reste applicable lorsque le propriétaire conserve la possibilité d’occuper le bien.

Cette double imposition a pu surprendre, en particulier chez les investisseurs particuliers qui pensaient échapper à la taxe d’habitation en mettant leur logement en location.

 

La notion clé : la jouissance du bien

 

Au cœur du dispositif fiscal se trouve une notion déterminante : la jouissance du logement.

L’administration considère que si le propriétaire peut disposer du bien, même occasionnellement, celui-ci reste soumis à la taxe d’habitation. À l’inverse, un logement exclusivement dédié à la location, sans aucun usage personnel, peut, sous certaines conditions, en être exonéré.

Cette distinction, en apparence simple, constitue en pratique une ligne de partage essentielle.

 

2026 : une exonération désormais possible… localement

 

La loi de finances pour 2026 introduit une évolution notable : les communes peuvent désormais décider d’exonérer de taxe d’habitation certains meublés de tourisme.

Il ne s’agit pas d’une suppression généralisée, mais d’une faculté laissée aux collectivités locales. En d’autres termes, chaque commune — ou intercommunalité — pourra choisir d’appliquer ou non cette exonération.

Cette mesure ouvre la voie à des situations très contrastées selon les territoires.

 

Une fiscalité de plus en plus territorialisée

 

Avec cette réforme, la fiscalité des locations meublées devient clairement un outil de politique locale.

Certaines villes pourraient choisir d’alléger la fiscalité pour soutenir l’activité touristique. D’autres, confrontées à des tensions sur le marché du logement, pourraient maintenir une pression fiscale élevée, voire renforcer les dispositifs existants.

Conséquence directe : deux biens similaires pourraient être imposés différemment selon leur localisation.

 

Des conditions strictes pour en bénéficier

 

L’exonération de taxe d’habitation ne sera pas automatique. Elle reposera sur plusieurs critères, dont le principal reste l’absence totale d’usage personnel du bien.

En pratique, cela implique :

  • une mise en location continue,
  • l’impossibilité pour le propriétaire d’occuper le logement,
  • une organisation de l’exploitation démontrant son caractère exclusif.

À défaut, la taxe d’habitation restera due.

 

La CFE reste inchangée

 

Si la taxe d’habitation évolue, la cotisation foncière des entreprises (CFE), elle, demeure.

Elle continue de s’appliquer à l’ensemble des loueurs en meublé exerçant une activité régulière, sous réserve de certains cas particuliers (première année d’activité, faibles recettes, situations spécifiques).

La réforme de 2026 ne modifie donc pas ce volet de la fiscalité.

 

Vers une professionnalisation accrue de l’activité

 

Au-delà des ajustements techniques, cette évolution traduit une transformation plus profonde du marché de la location meublée.

L’activité tend à s’éloigner du simple complément de revenus pour s’inscrire dans une logique plus structurée, voire professionnelle. La complexité croissante des règles fiscales, combinée à leur déclinaison locale, impose une approche plus stratégique.

Le choix de la ville, le mode d’exploitation ou encore le niveau d’implication du propriétaire deviennent des facteurs déterminants.

 

Un nouvel équilibre à trouver pour les investisseurs

 

En définitive, la réforme engagée pour 2026 ne supprime pas la pression fiscale, mais la redéfinit.

Elle introduit davantage de flexibilité, tout en renforçant les exigences. Pour les propriétaires, l’enjeu ne sera plus seulement d’optimiser la rentabilité, mais de s’adapter à un cadre fiscal plus complexe, où chaque décision — du choix du bien à son mode de gestion — pourra avoir des conséquences significatives.

La location meublée entre ainsi dans une nouvelle phase : plus encadrée, plus locale, et résolument plus stratégique.

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