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Loi anti-Airbnb : ce que change 2025 pour les propriétaires et les locations touristiques
Publié par Loic Filly le 28 janvier 2025
Temps de lecture 5 min
En France, une nouvelle législation dite “loi anti-Airbnb” a été publiée au Journal officiel le 20 novembre 2024, marquant une étape importante dans l’encadrement des locations de courte durée et des meublés de tourisme. Souvent associée à Airbnb, cette loi vise en réalité à réguler plus largement le secteur des locations saisonnières, à freiner la spéculation immobilière dans les zones tendues, et à rééquilibrer l’offre locative en faveur de la location longue durée.
📌 Un encadrement renforcé de la location touristique
La loi Le Meur (souvent surnommée loi anti-Airbnb) met en place plusieurs obligations et limitations pour les propriétaires louant leurs biens en courte durée :
Renforcement des obligations fiscales
Diagnostic de performance énergétique (DPE) obligatoire
Nouvelles compétences pour les mairies
Encadrement des jours de location autorisés
Mesures spécifiques en copropriété
📊 Nouveautés fiscales pour les meublés de tourisme
L’un des changements les plus significatifs concerne la fiscalité du régime micro-BIC, qui s’applique à de nombreux loueurs en meublés. Jusqu’à présent, les propriétaires pouvaient bénéficier d’un abattement très avantageux sur leurs revenus, en particulier pour les meublés de tourisme classés. La loi revoit ces avantages à la baisse :
| Type de meublé | Avant la loi | Après loi (2025) |
|---|---|---|
| Meublés classés et chambres d’hôtes | 71 % d’abattement (jusqu’à 188 700 €) | 50 % d’abattement (jusqu’à 77 700 €) |
| Meublés non classés | 50 % d’abattement (jusqu’à 77 700 €) | 30 % d’abattement (jusqu’à 15 000 €) |
Cet abaissement des seuils et des taux d’abattement rend la fiscalité des locations de courte durée moins intéressante, notamment pour les meublés non classés.
De plus, pour les bailleurs en LMNP (location meublée non professionnelle), les amortissements pratiqués sur le bien pourront désormais être pris en compte dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente, ce qui peut augmenter l’imposition finale dans certains cas.
🏡 Performance énergétique désormais obligatoire
La loi impose également des exigences en matière de diagnostic de performance énergétique (DPE) pour les logements proposés en meublé de tourisme :
Le logement doit obtenir un DPE classé entre A et E pour être mis en location en courte durée.
Cette obligation s’applique aux logements nouvellement proposés, ainsi qu’à ceux soumis à un changement d’usage en zone tendue.
Les propriétaires auront jusqu’à 2034 pour mettre leurs biens en conformité avec des normes énergétiques strictes dans tous les cas.
À défaut, des amendes administratives pouvant atteindre 5 000 € sont prévues.
🏙️ Compétences élargies des mairies
La loi anti-Airbnb renforce le rôle des communes dans la régulation des meublés de tourisme :
Déclaration obligatoire en mairie pour toute mise en location, avec attribution d’un numéro d’enregistrement à mentionner sur les annonces.
Possibilité de limiter la durée de location à 90 jours par an pour les résidences principales.
Sanctions sévères (10 000 € à 20 000 €) en cas de déclaration manquante ou frauduleuse.
Création de quotas locaux et possibilité d’inscrire des secteurs spécifiques au PLU réservés aux résidences principales.
🛠️ Impact sur les copropriétés
La loi modifie aussi les règles des copropriétés :
Dans les copropriétés avec une clause « d’habitation bourgeoise », une majorité qualifiée aux deux tiers peut désormais interdire les locations touristiques à la place de l’unanimité précédemment requise.
Les règlements de copropriété adoptés après le 21 novembre 2024 doivent préciser si la location de meublés touristiques est autorisée.
Les propriétaires et locataires doivent avertir le syndic lorsqu’ils déclarent un meublé touristique.
📍 Conclusion : quel avenir pour Airbnb et la location courte durée ?
La loi anti-Airbnb ne met pas fin à la location de courte durée, mais elle durcit significativement les règles fiscales, énergétiques et administratives qui s’y appliquent. Ces évolutions visent à protéger le parc de logements locatifs de long terme, à réduire la spéculation immobilière dans les zones tendues, et à donner davantage de moyens d’action aux collectivités locales.
Pour les propriétaires, il devient essentiel de s’informer précisément sur les règles en vigueur dans leur commune, d’anticiper la mise en conformité de leurs biens, et de revoir leurs calculs de rentabilité en fonction des nouvelles contraintes fiscales et énergétiques.